Aux Pays-Bas, une action collective réclame 435 millions d’euros à Sony sur le prix des jeux
Une fondation néerlandaise juge abusifs les tarifs du PlayStation Store et réclame entre 135 et 435 millions d’euros devant le tribunal d’Utrecht.
En bref
- La fondation Stichting Massaschade & Consument attaque Sony pour le prix des jeux vendus sur PlayStation.
- Elle vise une somme comprise entre 135 et 435 millions d’euros.
- Elle agit au nom d’environ 1,7 million de joueurs néerlandais, lésés depuis 2013.
- Une première audience a eu lieu en juillet à Utrecht.
Une association néerlandaise de défense des consommateurs réclame à Sony, selon Gamekult, entre 135 et 435 millions d’euros au titre du prix des jeux vendus sur PlayStation.
Une action collective portée depuis les Pays-Bas
Plus tôt dans l’année, la fondation Stichting Massaschade & Consument a décidé d’attaquer le constructeur japonais. Elle estime que les prix pratiqués sont abusifs, un jugement qui reste pour l’instant sa position dans la procédure et non un fait établi. Son recours collectif vise à récupérer une somme dont la fourchette est large, ce qui traduit l’incertitude sur le montant final.
La première audience de cette action collective s’est tenue en juillet au tribunal d’Utrecht. Gamekult relève qu’au cours de la même semaine, Sony avait annoncé la fin des jeux physiques sur PS5, une simple coïncidence de calendrier.
Monopole sur le dématérialisé et écosystème fermé
Le grief central est un monopole abusif sur la distribution des jeux dématérialisés. La fondation met en cause la commission obligatoire que Sony prélève sur chaque transaction du PlayStation Store, qu’il s’agisse de jeux complets ou de microtransactions.
Gamekult nuance toutefois : selon le site, le problème tient moins à la commission elle-même qu’à l’enfermement des joueurs dans un écosystème fermé. Sur PlayStation, le PS Store est le seul magasin disponible, alors que le PC offre une variété de boutiques dématérialisées.
Lucia Melcherts, présidente de la fondation et avocate, développe cet argument. Elle déclare : « Nous estimons que Sony enfreint déjà la loi en ne proposant aucune alternative à sa plateforme de vente en ligne ».
« Les prix pratiqués sur le PlayStation Store ne sont donc pas le fruit d’une concurrence saine, mais peuvent être fixés unilatéralement par Sony. »
Lucia Melcherts, présidente de la fondation et avocate
Selon elle, sans autre magasin autorisé, Sony peut pratiquer des prix beaucoup plus élevés, ce qui coûte inutilement de l’argent aux joueurs.
Propriété des jeux : un débat qui dépasse l’affaire
L’action s’inscrit dans un contexte plus large, que Gamekult décrit à travers plusieurs points.
- Sony a annoncé la fin des jeux physiques sur PS5, la semaine de la première audience.
- La fondation suit la multiplication des initiatives mondiales visant à mieux protéger les droits des joueurs sur la propriété des jeux.
- Sony a depuis mis à jour son contrat d’utilisateur : acheter sur le PlayStation Store donne une licence temporaire, et non la possession du jeu.
Gamekult compare cette licence à une location de très longue durée, qui peut cesser lorsque le constructeur le décide. De son côté, la fondation indique que cette évolution mondiale pourrait déboucher sur d’autres mesures à l’avenir.
Photo : Patrick / Pexels

