Street Fighter de Kitao Sakurai reprend le lore de Capcom, là où Van Damme l’ignorait
Coproduit par Capcom et Legendary, le film de Kitao Sakurai renoue avec le lore que l’adaptation avec Van Damme ignorait, sans échapper aux réserves critiques.
En bref
- Le nouveau Street Fighter est sorti au cinéma en France le 14 octobre 2026.
- Capcom et Legendary Entertainment coproduisent ce long-métrage d’environ deux heures.
- IGN France et Gamergen saluent son respect de l’histoire du jeu, malgré un M. Bison jugé raté.
- Une scène post-générique animée introduit Sagat, sans suite confirmée.
Trente-deux ans séparent les deux adaptations en prises de vues réelles les plus commentées de Street Fighter, et la critique française les place aux antipodes. Là où le film de 1994 tordait les personnages pour servir sa vedette, celui de Kitao Sakurai reprend la mythologie du jeu de Capcom presque point par point, quitte à s’en moquer ouvertement.
De la borne d’arcade au nanar de 1994
La licence naît dans les salles d’arcade en 1987, mais c’est Street Fighter II, en 1991, qui lui donne son véritable essor. Trois ans plus tard arrive Street Fighter : L’Ultime Combat, réalisé par Steven E. De Souza, avec Jean-Claude Van Damme dans le rôle de Guile. Selon la critique d’IGN France, ce long-métrage ne respectait quasiment rien de l’univers d’origine, et la majorité des combattants y perdaient leur identité.
L’exemple le plus parlant concerne Blanka et Honda, réduits à des cadreurs de télévision, quand le jeu en faisait respectivement une créature furieuse et un lutteur de sumo rigoureux. Pour IGN France, le projet misait d’abord sur la notoriété de l’acteur belge. Le temps l’a transformé en nanar sympathique. Une seconde tentative, Legend of Chun-Li, a suivi en 2009.
Ce que propose le film de Kitao Sakurai
Sakurai, passé par la comédie Bad Trip et la série Twisted Metal, s’inspire en partie de l’intrigue du film d’animation de 1995. Le récit se situe en 1993, autour du World Warrior Tournament.
| Élément | Choix du film |
|---|---|
| Production | Capcom et Legendary Entertainment |
| Ryu et Ken | Andrew Koji et Noah Centineo |
| Guile et M. Bison | Cody Rhodes et David Dastmalchian |
| Akuma et Blanka | Roman Reigns et Jason Momoa |
| Balrog, Zangief, Joe | 50 Cent, Olivier Richters, Alexander Volkanovski |
| Flashbacks | Séquences animées, dès l’ouverture |
| Durée | Environ deux heures |
Gamergen apprécie ce mélange d’animation et de prises de vues réelles, qui remplace les retours en arrière classiques, tout en notant que plusieurs combattants restent au second plan faute de temps à l’écran.
Fidélité assumée, caricature revendiquée
Sur le fond, IGN France estime que le scénario remplit le cahier des charges : un tournoi d’arts martiaux, la vengeance de Chun-Li, l’obstination de Guile à arrêter Bison. Le site retient comme sommet l’affrontement entre Honda et Ryu, situé dans les bains japonais, décor du stage du sumotori dans le jeu.

Les réserves existent. IGN France trouve l’écriture de M. Bison ratée et pointe le manque de maîtrise martiale de certains interprètes. Le réalisateur tourne aussi ses héros en dérision : Ken y apparaît d’une bêtise désarmante, Guile en clown, et le célèbre bonus stage de la voiture est recyclé en publicité. Ces partis pris divisent, mais ils relèvent du jugement des critiques.
Le film dialogue même avec son prédécesseur. Gamergen relève une blague sur le papier toilette qui renvoie à une réplique de L’Ultime Combat.
Une porte ouverte après le générique
En 1994 déjà, une scène post-générique montrait la résurrection de M. Bison, sans que la moindre suite ne voie le jour, rappelle Numerama.
Interrogé par MovieWeb, Kitao Sakurai lie un éventuel prolongement à l’accueil du public et refuse de s’engager.
« C’est quelque chose à quoi nous réfléchissons et que nous développons. Je ne veux rien dire qui puisse nous enfermer. »
Kitao Sakurai, réalisateur
Photo : Mikhail Nilov / Pexels

